La question revient souvent, posée avec une prudence légitime : en m’inscrivant comme Sageocrate, à quoi est-ce que je m’engage exactement ? Est-ce une adhésion à une vision du monde particulière ? Une démarche spirituelle ? Un engagement politique au sens partisan du terme ? Une forme de militantisme ?
La réponse mérite d’être formulée avec précision, parce que la confusion sur ce point est l’un des principaux obstacles à l’inscription de personnes qui, par ailleurs, partagent pleinement les principes que la Sageocratie défend. Beaucoup hésitent non parce qu’ils désapprouvent le projet, mais parce qu’ils ne savent pas ce que leur nom sur ce registre signifie, et ce qu’il ne signifie pas.
Ce que l’inscription signifie
S’inscrire comme Sageocrate, c’est poser un acte civique. C’est signifier, de manière formelle et datée, que l’on reconnaît les trois principes de la Sageocratie (la conscience des liens, la responsabilité élargie, l’ajustement continu) comme une direction souhaitable pour la gouvernance collective.
Ce n’est pas une pétition. Une pétition demande à une autorité existante de faire quelque chose. L’inscription comme Sageocrate ne s’adresse à aucune autorité : elle constitue un registre. Elle dit : nous sommes là, nous fonctionnons depuis ces principes, et nous demandons que le monde politique prenne acte de cette réalité.
Ce n’est pas non plus un vote. Le vote délègue une décision à un représentant dans un cadre institutionnel défini. L’inscription comme Sageocrate est un positionnement direct : une déclaration d’orientation qui ne passe par aucun intermédiaire et n’expire pas au terme d’un mandat.
C’est quelque chose de nouveau : une manière de reconnaître une direction comme juste, qui prend sa valeur politique dans son accumulation collective.
Ce que l’inscription ne signifie pas
L’inscription ne suppose aucune croyance spirituelle ou religieuse. La Sageocratie est un projet civique et philosophique : elle n’exige aucune croyance et ne repose sur aucun dogme. Elle est accessible à quiconque partage le diagnostic que nos façons de gouverner ensemble sont insuffisantes et qu’il est possible de faire autrement, indépendamment de toute conviction métaphysique.
Elle ne suppose aucune appartenance partisane. On peut être Sageocrate et voter pour n’importe quel parti, ou ne voter pour aucun. On peut être de gauche, de droite, du centre, ou refuser ces catégories. L’inscription ne demande pas d’abandonner ses convictions politiques existantes : elle ajoute une couche de positionnement sur des principes de gouvernance qui transcendent les clivages partisans habituels.
Elle ne suppose aucun engagement de temps ou d’argent. Il n’y a pas de cotisation obligatoire, pas de réunions auxquelles assister, pas de tâches à accomplir. L’inscription est un acte, pas un contrat. Ce que l’on fait ensuite de cette orientation (dans sa vie professionnelle, ses engagements associatifs, ses choix de consommation, ses prises de position publiques) appartient entièrement à chacun.
Elle ne suppose enfin aucune adhésion à l’ensemble du contenu du livre ou du site. On peut trouver certaines propositions discutables, certains développements excessifs, certaines formulations maladroites, et s’inscrire quand même, parce que la direction générale fait sens. L’inscription porte sur les principes, pas sur chaque argument qui les soutient.
Pourquoi la distinction civique / spirituel est essentielle
La Sageocratie n’est pas une spiritualité : elle n’exige aucune croyance. Elle a pourtant une dimension intérieure : le livre ne cache ni le cheminement de son auteur ni les résonances du projet avec bien des traditions, et ceux qui le souhaitent peuvent l’explorer sur ce site. Il serait malhonnête de le nier.
Mais cette dimension est volontairement séparée de l’acte civique d’inscription. Cette séparation n’est pas une concession au pragmatisme : c’est une exigence de cohérence avec les principes mêmes du projet. Une gouvernance fondée sur la sagesse ne peut pas commencer par imposer une vision du monde à ceux qui s’en approchent. Elle doit être accessible depuis des points de départ différents, y compris depuis un scepticisme total à l’égard de toute dimension spirituelle.
Un ingénieur qui pense que nos systèmes de décision collective sont structurellement défaillants et qu’il faut les repenser depuis des principes différents est un Sageocrate potentiel. Une militante écologiste qui reconnaît que le vivant doit être au centre des arbitrages politiques est une Sageocrate potentielle. Un entrepreneur qui a compris que la cohérence entre valeurs déclarées et actes effectifs est une condition de la confiance est un Sageocrate potentiel. Aucun de ces trois ne devrait avoir à s’interroger sur sa compatibilité spirituelle avec le projet pour décider de s’inscrire.
Un geste simple, une signification forte
L’inscription prend deux minutes. Elle demande une civilité, un prénom, un nom, une date de naissance, une ville, un pays et une adresse courriel, que l’on confirme en cliquant sur un lien. Elle est gratuite, sans engagement ultérieur obligatoire, et peut être retirée à tout moment. Elle est ouverte dès 12 ans, avec l’accord d’un parent avant 15 ans ; seuls les adultes sont comptés pour le seuil qui permet d’ouvrir le chemin vers un référendum.
Ce qui lui donne sa signification, c’est précisément sa simplicité. Ce n’est pas un contrat complexe qui tenterait de définir à l’avance toutes les implications d’un engagement. C’est un signal clair, minimal, irréductible : je reconnais cette direction. Je choisis de le signifier.
Et quand ce signal sera émis par suffisamment de personnes, dans suffisamment de pays, il constituera quelque chose que les institutions politiques ne pourront plus ignorer : la preuve que l’aspiration à une autre façon de gouverner n’est pas marginale, pas idéologique, pas culturellement limitée, mais universellement distribuée, formellement exprimée, et en attente d’être entendue.
« S’inscrire, c’est dire : je suis là, et cette direction me convient. Rien de plus, et rien de moins. »
Le livre La Sageocratie : Vers une société fondée sur la conscience des liens et le respect du vivant est présenté en dix-sept langues sur sageocracy.org. Il paraîtra en septembre 2027.