Questions fréquentes
Les réponses aux questions les plus courantes sur la Sageocratie, le basculement et l'inscription.
Sur la Sageocratie
La Sageocratie est-elle un parti politique ?
Non. La Sageocratie n'est pas un parti politique, ne présente aucun candidat à aucune élection, et ne cherche pas à prendre le pouvoir au sens classique du terme.
Elle est un protocole civique, un mécanisme de transformation sociale fondé sur la conscience individuelle et la cohérence collective. Son objectif n'est pas de gouverner, mais de rendre obsolète un mode de gouvernance qui ne correspond plus à la réalité de la conscience humaine contemporaine. La distinction est fondamentale : là où un parti cherche à occuper le pouvoir existant, la Sageocratie cherche à déplacer ce que les sociétés considèrent comme légitime, jusqu'au point où la structure du pouvoir elle-même doit évoluer pour rester crédible.
La Sageocratie est-elle un mouvement spirituel ou religieux ?
Non. La Sageocratie ne propose aucune croyance obligatoire, aucune divinité, aucun rituel, aucune figure d'autorité spirituelle, aucune communauté initiatique.
Elle est accessible à l'athée le plus rigoureux comme au mystique le plus profond, parce qu'elle s'adresse à ce qui est observable, vérifiable et partageable, indépendamment des convictions métaphysiques de chacun. Un Sageocrate peut être athée, agnostique, bouddhiste, chrétien, musulman, juif, animiste ou mystique. La Sageocratie ne demande aucune conversion ni aucune appartenance confessionnelle.
Elle reconnaît néanmoins une dimension philosophique et spirituelle, développée dans la page Vision spirituelle du site, pour ceux qui cherchent une articulation entre leur vie intérieure et leur engagement dans le monde. Cette dimension est disponible, pas requise.
Quelle est la différence entre la Sageocratie et d'autres mouvements alternatifs ?
La Sageocratie ne s'oppose pas aux autres mouvements de transformation sociale, elle ne cherche pas à les absorber ni à les remplacer. Sa singularité tient à quatre points qui ne sont pas des nuances de degré, mais des différences de nature.
- Un protocole précis et public : pas une philosophie générale ou une aspiration collective, mais un mécanisme démocratique aux règles publiques : l'inscription individuelle, le comptage mondial (voir la méthode de comptage), le seuil, puis, dans chaque pays, la décision du peuple par référendum, dans le cadre de ses institutions démocratiques. Ce n'est pas un appel à la conscience, c'est un protocole structuré fondé sur la dynamique des systèmes complexes.
- Une mesure de valeur alternative intégrée : les Reliances ne sont pas une monnaie locale supplémentaire. C'est une autre façon de voir la valeur : reconnaître la qualité d'une contribution sans passer par l'échange marchand, et rendre visible ce que tous les systèmes monétaires laissent dans l'ombre.
- Une dimension mondiale dès l'origine : le basculement que la Sageocratie propose ne peut pas être local. Un registre unique, une Mappemonde globale, des traductions simultanées dans les principales langues du monde : la dimension planétaire n'est pas une ambition à atteindre, c'est une condition structurelle de l'efficacité du projet.
- Une cohérence entre le fond et la forme : gouvernance non hiérarchique, transparence réelle, accessibilité sans barrière financière, ouverture à toutes les cultures. Cette cohérence n'est pas un idéal à atteindre, c'est un principe fondateur, vérifiable et exposé à la critique.
Qu'est-ce que la syntonie ?
La syntonie, c'est le moment où des éléments qui semblaient s'opposer cessent de s'opposer. Personne n'a cédé, personne n'a tranché : on les voit simplement, enfin, comme les parties d'un même tout. Ce n'est ni le consensus, ni l'unanimité, ni le compromis.
À la différence de la domination, un système qui s'impose, et de la fusion, deux systèmes qui se confondent, la syntonie maintient la singularité de chacun tout en créant une relation dynamique, adaptative et créatrice.
Dans le cadre de la Sageocratie, la syntonie remplace la compétition comme mode de relation fondamental entre individus, communautés et institutions. Elle s'applique à toutes les échelles : la relation à soi-même, aux autres, aux collectifs, aux institutions, et aux systèmes naturels dont la société humaine fait partie. La syntonie est l'expression vivante du premier principe, la conscience des liens, appliqué à la décision collective. C'est l'un des concepts les plus centraux du livre. Une décision n'est dite prise en syntonie que si personne ne maintient d'objection ; à défaut, on vote, et l'objection non levée reste écrite avec la décision.
Sur quoi la Sageocratie se fonde-t-elle intellectuellement ?
Le livre La Sageocratie, Vers une société fondée sur la conscience des liens et le respect du vivant est un essai philosophique et politique. Il ne se présente pas comme une thèse académique. Il dialogue avec de nombreux travaux, cités au fil des pages ou réunis dans « Pour aller plus loin », que le livre présente non comme un fondement mais comme des compagnons de route. Parmi eux :
- Ce qui ne tient plus dans nos systèmes : David Graeber (la dette comme instrument politique) et David Wengrow (les sociétés humaines complexes qui ont existé sans hiérarchie descendante).
- La décision et la pensée : Daniel Kahneman (les deux vitesses de la pensée) et Robert Kegan (le développement de la conscience adulte au-delà de l'adolescence).
- La coopération : Frans de Waal (l'empathie et la coopération inscrites dans le vivant).
- La complexité : Edgar Morin, qui articule ce que les disciplines séparées ne savent pas relier.
- La contribution et le sens : Mihály Csíkszentmihályi et l'état de flow : l'être humain atteint son plus haut niveau d'engagement quand il contribue à quelque chose qui le dépasse, dans un cadre où sa contribution est reconnue.
- L'économie du vivant : Kate Raworth (l'économie du beignet) et Herman Daly (une économie qui cesse de grossir au-delà de ce que la planète peut porter).
- La conscience et la présence : Richard Davidson, Tania Singer et Matthieu Ricard (les effets mesurables des pratiques contemplatives).
- La dimension spirituelle : Sri Aurobindo (l'évolution de la conscience) et Neale Donald Walsch, dont l'œuvre a éveillé la vision de la Sageocratie.
Sur l'inscription
Qui peut devenir Sageocrate ?
Toute personne, quelle que soit sa nationalité, sa culture, sa religion ou ses convictions politiques, peut devenir Sageocrate, à la seule condition de décider librement d'orienter sa vie selon les trois principes de la Sageocratie. L'inscription est ouverte dès 12 ans, avec l'accord d'un parent avant 15 ans. Seuls les adultes sont comptés pour le seuil qui permet d'ouvrir le chemin vers un référendum, parce que ce sont eux qui votent. La Carte de Sageocrate est réservée aux personnes de 18 ans et plus. Mais les inscriptions ne décident rien par elles-mêmes : c'est le peuple qui choisit, par référendum. Mais la voix de chacun est comptée et entendue, dès que son adresse e-mail est confirmée : la méthode de comptage explique ce qui est compté, et comment.
Il n'y a aucun critère de sélection, aucun test, aucune cotisation obligatoire, aucune condition de formation. L'inscription est un acte de cohérence personnelle, pas une adhésion à une organisation, pas une affiliation idéologique, pas un engagement militant.
La seule question pertinente est celle-ci : est-ce que je reconnais que le cadre actuel ne suffit plus, et est-ce que je choisis de l'inscrire dans une démarche collective organisée ?
Quel engagement implique l'inscription ?
Aucun engagement militant, aucune cotisation, aucune obligation de participation à des réunions ou des événements. L'inscription est un acte civique personnel : vous décidez d'orienter votre vie selon les trois principes, et vous en témoignez en rejoignant le compteur mondial.
Ce n'est pas une adhésion à un mouvement politique. C'est une décision de cohérence que chacun incarne à sa façon, dans sa vie quotidienne, selon ses propres capacités et circonstances. La Charte Éthique, disponible sur ce site, décrit douze engagements vers lesquels chacun peut choisir de tendre ; l'inscription, elle, n'engage à rien d'autre qu'un positionnement. Ces engagements ne sont pas des obligations imposées de l'extérieur : ils sont la traduction pratique des trois principes dans les comportements quotidiens.
L'inscription est-elle vraiment gratuite ?
Oui, entièrement et sans condition. L'inscription dans le registre mondial des Sageocrates est gratuite, ne requiert aucune contrepartie financière, et n'implique aucun abonnement ultérieur.
La Carte de Sageocrate, votre carte personnelle de soutien, facultative et payante, est disponible séparément pour ceux qui souhaitent contribuer financièrement. Elle soutient le projet et n'ouvre aucun droit particulier : l'inscription gratuite suffit.
Mes données personnelles sont-elles protégées ?
Oui. Les données collectées lors de l'inscription sont utilisées exclusivement pour la gestion du registre mondial et la communication du projet. Elles ne sont jamais vendues ni cédées, ni utilisées à des fins commerciales, politiques ou idéologiques, et l'association ne les communique à personne : ni à un employeur, ni à une administration, ni à un parti, ni à un futur gouvernement, sauf si la loi l'y oblige. Si l'association devait cesser, cette liste serait détruite, jamais transmise. S'être inscrit, ou non, ne donnera jamais, demain, ni avantage ni désavantage.
La Mappemonde des Sageocrates, lorsqu'elle sera activée, ne rend visibles que les compteurs par pays, jamais les identités individuelles. Chaque inscription compte, mais reste confidentielle.
L'infrastructure est sécurisée selon les standards en vigueur : sauvegardes régulières, accès administrateur protégé, et veille permanente sur les vulnérabilités. Les renforcements techniques s'inscrivent dans une démarche d'amélioration continue. La protection des données des inscrits est une priorité absolue du projet.
Peut-on se désinscrire ?
Oui, à tout moment et sans condition. La Sageocratie ne retient personne. Un mouvement fondé sur la liberté et la cohérence ne peut pas fonctionner avec des membres qui n'ont pas choisi librement d'y rester.
La suppression se fait directement depuis votre espace membre : un bouton « Supprimer mon compte » est disponible en bas de page. Une confirmation par saisie de votre email vous est demandée pour éviter toute suppression accidentelle. La suppression est immédiate, complète et irréversible, vos données personnelles, votre photo et votre Carte de Sageocrate sont définitivement effacées.
Sur le basculement
Le basculement est-il réaliste ?
Oui, à condition de comprendre ce qu'est un basculement. Ce n'est pas une prise de pouvoir, ni une révolution. C'est l'inversion progressive du centre de gravité d'une société.
Historiquement, les transformations sociales les plus profondes ne sont pas venues de guerres ou d'élections, mais du moment où un nombre suffisant de personnes a commencé à fonctionner autrement. L'abolition de l'esclavage, l'accès des femmes aux droits civiques, la décolonisation, ces basculements ont d'abord été des décisions individuelles de refus d'une légitimité devenue intenable.
La Sageocratie propose un protocole précis, volontaire et démocratiquement vérifiable pour que ce processus se produise de manière consciente, cohérente et non-violente. Les chercheurs qui étudient les grandes transformations sociales, sociologues, historiens, théoriciens des systèmes complexes, observent qu'une société maintient longtemps sa configuration, même défaillante, puis bascule rapidement, à un moment qui ne peut être prévu avec précision. Cela éclaire pourquoi un tel basculement est non seulement possible, mais cohérent avec ce que l'histoire nous montre des grandes transformations.
Combien de personnes faut-il pour que le basculement se produise ?
Le livre ne fixe pas de nombre : il parle du moment où, dans un pays, assez d'adultes sont inscrits pour que les voies démocratiques existantes puissent s'ouvrir. Ce seuil ne se réduit pas à un nombre absolu, il dépend de la répartition géographique des inscriptions, de leur progression dans le temps, et du rapport entre le nombre de Sageocrates et la population adulte de chaque pays.
Il faut distinguer deux seuils distincts :
Le seuil culturel : relativement faible, au-delà duquel le mouvement devient visible, crédible, et constitue une référence dans l'espace public. Ce seuil peut être atteint avec une fraction minoritaire de la population, à condition que les personnes concernées soient suffisamment visibles, connectées et cohérentes.
Le seuil démocratique : celui où les inscriptions, devenues assez nombreuses parmi les adultes d'un pays, peuvent conduire des élus à engager une procédure officielle. Les inscriptions ne décident rien par elles-mêmes : une assemblée de citoyens tirés au sort examine publiquement le projet, puis le peuple décide par référendum, à une large majorité, au moins les deux tiers des suffrages, avec une participation minimale écrite dans le texte soumis au vote, et la révision de la Constitution qu'un tel changement demande. Tout cela se fait dans le cadre des institutions démocratiques du pays.
Les deux seuils se succèdent : le seuil culturel rend le projet crédible et fait grandir le mouvement ; le seuil démocratique transforme cette légitimité en changement institutionnel concret. La Mappemonde des Sageocrates rendra visibles ces seuils pays par pays, lorsqu'ils seront atteints.
Les structures de pouvoir existantes ne vont-elles pas bloquer le basculement ?
Les structures de pouvoir résistent, et le livre nomme cette résistance des intérêts en place. Mais elles ne bloquent pas durablement les basculements : elles s'y trouvent dépassées. Certains, personnes ou institutions, tirent un avantage réel de ce qui existe, et certains de leurs arguments méritent d'être entendus. Mais le chemin passe aussi par des élus prêts à ouvrir la porte au choix du peuple, non pour prendre le pouvoir, mais pour le lui rendre.
Ce que la Sageocratie construit n'est pas une attaque. C'est une inversion de légitimité, le moment où l'ancien cadre coûte plus qu'il ne rapporte, parce qu'une alternative plus cohérente est devenue suffisamment visible. À ce moment-là, le pouvoir change de nature : non par renversement, mais par obsolescence.
L'argumentation détaillée est développée dans la page Comprendre sans croyances.
Comment la Sageocratie peut-elle toucher les pays autoritaires ?
Honnêtement : elle ne peut pas s'y diffuser de la même manière. Le mécanisme d'inscription décrit sur ce site suppose un minimum de liberté civile. Là où un régime bloque l'accès au site, surveille les utilisateurs ou poursuit ceux qui s'inscrivent, le mécanisme démocratique ne peut pas fonctionner directement.
Mais cela ne signifie pas que la Sageocratie n'a rien à dire à ces sociétés. Parce qu'elle ne s'adresse pas aux régimes. Elle s'adresse aux personnes.
Dans toute société, même la plus fermée, il existe une population, souvent majoritaire, simplement silencieuse, qui aspire à vivre autrement. Qui voit les contradictions du système dans lequel elle vit. À cette population, la Sageocratie offre ce qu'elle peut offrir : la preuve que c'est possible. Une preuve qui circule, malgré les filtres, par les diasporas, par les voyages, par les images, par les comparaisons.
Le mur de Berlin n'est pas tombé parce qu'un général occidental l'a renversé. Il est tombé notamment parce que, après des décennies, l'écart entre ce que les régimes du bloc de l'Est promettaient et ce que leurs citoyens pouvaient observer chez leurs voisins est devenu intenable.
La Sageocratie, dans ces sociétés, est l'horizon visible. Pas une stratégie d'ingérence. Une cohérence qui se voit de loin. Et les personnes, partout, finissent par avoir le dernier mot.
Un pays sageocratique peut-il se défendre dans un monde qui reste violent ?
Oui. Une société fondée sur le respect du vivant n'est pas une société sans défense.
Un pays sageocratique conserve des forces de défense. Mais elles changent de nature. Elles deviennent strictement défensives : aucune doctrine d'agression, aucune guerre préventive, aucune expansion territoriale. Leur mission est de protéger le territoire, les espaces maritimes et aériens, les infrastructures vitales, et, domaine de plus en plus crucial, la souveraineté numérique. Leurs doctrines sont publiques et débattues : seul reste secret ce qui, dévoilé, mettrait des vies en danger, sous le contrôle d'une instance indépendante. Le recours à la force reste possible, en dernier ressort, avec proportionnalité, et dans la pleine conscience de ce qu'il implique.
Cette position s'inscrit dans un débat ancien. Gandhi défendait une non-violence quasi absolue, une position d'une force morale immense, qui a transformé l'histoire. Sri Aurobindo, autre grande figure de la transformation consciente, portait un discernement différent : en certaines circonstances, face à des forces véritablement destructrices, ne rien faire au nom du pacifisme revient à laisser advenir le pire.
La Sageocratie intègre ce discernement. Elle n'est pas pacifiste au sens absolu. Elle est non-agressive : ce qui n'est pas la même chose. Il y a un temps pour la parole. Un temps pour la médiation. Et parfois, un temps pour protéger fermement ce qui doit être protégé.
L'horizon, lui, est clair : un monde sans armées. Pour un pays qui possède l'arme nucléaire, le choix d'y renoncer revient au peuple : c'est l'une des premières questions qui lui seront soumises. Et choisir la Sageocratie entraîne la sortie de toute alliance militaire : c'est le pays, toujours par le vote de son peuple, qui décide s'il prend part au conflit d'un autre. Quitter un bloc ne veut pas dire laisser seul un voisin attaqué : c'est le peuple qui décide, à chaque fois, s'il lui porte secours quand ce voisin le lui demande.
Honnêteté finale : la Sageocratie ne prétend pas résoudre les conflits armés actifs ni les situations de violence politique immédiate. Elle agit en amont, sur les conditions qui produisent les déséquilibres dont la violence est souvent l'aboutissement. Ce livre ne promet pas la paix immédiate. Il décrit comment construire les conditions de la paix.
Sur les Reliances
Que sont les Reliances concrètement ?
Les Reliances sont la reconnaissance située d'une contribution réelle à l'équilibre du vivant. Ni monnaie, ni points, ni notation : elles ne s'achètent pas, ne s'accumulent pas, ne se classent pas. Elles ouvrent des responsabilités, jamais une part plus grande de ce qui est rare.
Trois mots les définissent :
- Reconnaissance : pas mesure. On ne quantifie pas une contribution comme une production. On la reconnaît telle qu'elle est.
- Située : pas universelle. Une contribution a une valeur dans un contexte donné, à un moment donné. Ce qui sert un collectif n'est pas le même qui en sert un autre.
- Réelle : pas symbolique. Une intention bienveillante ne génère pas de Reliance. Seul ce qui produit effectivement un effet est reconnu.
Trois propriétés les caractérisent structurellement :
- Elles ne s'accumulent pas : elles accompagnent la contribution dans sa durée, et s'effacent lorsque celle-ci s'interrompt : ce qui s'efface, ce sont les responsabilités qu'elles ouvraient ; la preuve de ce qui a été reconnu demeure.
- Elles ne sont pas transférables : ce qui a été reconnu chez une personne reste lié à elle.
- Elles ne sont pas convertibles : on ne peut ni les échanger contre de l'argent, ni les transformer en capital.
Leur architecture complète est développée dans le livre. Leur mise en place réelle se fera progressivement, à mesure que le mouvement atteindra les seuils nécessaires.
Les Reliances peuvent-elles remplacer la monnaie ?
Non, les Reliances ne sont pas une monnaie et ne remplacent pas l'argent. Mais dans le chemin que décrit le livre, à partir du jour où le basculement entre en vigueur, à une date fixée et annoncée à l'avance après la décision du peuple, l'ancienne monnaie cesse d'avoir cours à l'intérieur du pays sageocratique : elle est remplacée par une monnaie de transition spécifiquement créée pour la traversée. Les avoirs dans l'ancienne monnaie ne sont pas convertis : ceux qui gardent une valeur au-dehors rejoignent, contre la compensation commune, un fonds commun des échanges extérieurs, qui sert à tous. Par la compensation commune, une seule règle, la même pour tous, chacun reçoit, en monnaie de transition, la valeur de ce qu'il cesse d'avoir, jusqu'à un plafond que le peuple fixe. Ce n'est qu'un chemin possible : rien de cela ne s'applique aujourd'hui, et personne n'est invité à cesser d'honorer ses contrats.
Ce jour-là, le pays acte trois choses simultanément :
- Les biens communs essentiels sont garantis, une part des aliments essentiels à une vie saine, qui grandit avec le temps, logement, soins, éducation, vêtements de base, énergie, eau, accès aux outils de communication. Sans condition, sans contrepartie. Personne ne peut plus tomber sous un seuil de subsistance.
- Les Reliances entrent en vigueur comme système de reconnaissance des contributions (voir la question précédente).
- Une monnaie de transition, numérique, est créée. Chaque adulte résident reçoit un capital de départ identique, versé chaque mois, calibré pour assurer la dignité au-delà des biens communs ; les enfants reçoivent une part réduite, complétée à leur majorité. Elle permet d'accéder à ce qui n'est pas encore couvert par les biens communs, produits artisanaux, services personnels, échanges entre territoires.
Cette monnaie de transition obéit à trois règles structurelles qui la rendent radicalement différente de l'argent classique :
- Le filtre du vivant : elle ne peut être utilisée que pour des produits et services qui respectent le vivant. Ce filtre se resserre à mesure que les alternatives deviennent disponibles. Il porte sur ce que les producteurs et les commerçants proposent, jamais sur ce que chacun achète.
- Une monnaie qui fond : ce que l'on en garde diminue avec le temps (de l'ordre de 2 % par an au début, jusqu'à environ 10 % au bout d'une quarantaine d'années). Elle empêche dès le départ l'accumulation, la thésaurisation et la spéculation.
- La non-convertibilité avec les monnaies extérieures : elle ne s'échange contre aucune monnaie étrangère, dans un sens comme dans l'autre ; elle ne s'achète pas et ne se revend pas. Seule exception, fixe et la même pour tous : la part d'accueil qu'un visiteur reçoit contre sa contribution d'accueil. Elle existe uniquement dans la sphère intérieure, ce qui protège le pays sageocratique des attaques spéculatives.
Au fil de quarante à cinquante ans, à mesure que les biens communs s'étendent et que les Reliances prennent toute leur place, la monnaie de transition perd progressivement son utilité et disparaît. Au terme de la transition, seuls subsistent les biens communs et les Reliances.
Et dans cette logique d'ensemble, les activités qui dégradent le vivant, produits toxiques, spéculation, activités qui font supporter leurs dégâts au vivant et aux autres, corruption, cessent d'être alimentées : elles ne peuvent pas générer de Reliances, ni circuler dans la monnaie de transition. C'est ce que le livre appelle une extinction sans violence : pas d'abord une interdiction, mais une règle choisie ensemble, ne plus payer ce qui détruit.
Sur le livre
Où en est le livre ?
La Sageocratie, Vers une société fondée sur la conscience des liens et le respect du vivant, de Yannick Costechareyre, paraîtra en septembre 2027. Le texte français est achevé ; les mois qui viennent sont consacrés à sa préparation éditoriale et à sa présentation à la presse et aux libraires.
Les personnes inscrites sur sageocracy.org seront informées en priorité de la parution, avant la diffusion publique générale.
Pourquoi le livre ne paraît-il qu'en septembre 2027 ?
Parce que c'est le temps d'une édition soignée. Le texte est achevé : il reste à le préparer pour l'impression et à le présenter à la presse et aux libraires.
Ce temps est celui du travail du texte (relecture éditoriale, correction, vérification des citations et des références, mise en page, couverture, épreuves) et celui de la préparation de la sortie. Les journalistes découvrent un livre plusieurs mois avant sa parution : le service de presse doit pouvoir présenter l'ouvrage aux rédactions, aux radios et aux télévisions, et les libraires doivent pouvoir le lire avant de le recommander.
Le choix de septembre répond à deux raisons. La rentrée est l'un des grands rendez-vous de l'année du livre, où libraires, critiques et lecteurs sont particulièrement attentifs aux nouveautés. Et le printemps 2027 sera occupé, en France, par l'élection présidentielle, qui concentrera l'attention des médias et du débat public. Un livre qui interroge la manière dont nous décidons ensemble mérite d'être lu pour lui-même, et non comme une voix de plus dans une campagne électorale.
Le livre sera-t-il traduit ?
Oui, c'est la vocation même du projet. Il sera traduit dans de nombreuses langues.
Chaque édition étrangère demandera elle aussi son temps de traduction et de préparation. Les personnes inscrites seront informées de chaque nouvelle parution dans leur langue.
Peut-on lire le livre avant sa parution ?
Le livre n'est pas encore disponible au public : il paraîtra en septembre 2027. Le site en présente les fondements, les principes et les mécanismes essentiels, de façon suffisamment complète pour comprendre et rejoindre le projet, suffisamment sobre pour donner envie de lire le livre dans son intégralité à sa parution.
Sur la Mappemonde
Comment fonctionne la Mappemonde ?
La Mappemonde des Sageocrates est une carte mondiale qui rend visible le nombre d'inscrits par pays. Chaque inscription est enregistrée, datée et géolocalisée dès son dépôt. Elle est associée à une ville de résidence, déclarée volontairement par l'inscrit lors de son inscription.
Les compteurs par pays seront rendus publics lorsque le mouvement aura atteint un seuil réellement significatif à l'échelle internationale. Ce choix est celui de la cohérence : des chiffres n'ont de sens que lorsqu'ils reflètent une dynamique réelle à l'échelle où elle compte.
En attendant, chaque inscription est enregistrée, datée, et comptera le jour venu.
Pourquoi ne pas afficher les chiffres maintenant ?
Parce qu'afficher des chiffres a du sens quand ils peuvent être réels à l'échelle où ils comptent. Un mouvement qui affiche quelques centaines d'inscrits dans quelques pays crée une impression de fragilité qui peut décourager précisément les personnes qui auraient rejoint un mouvement plus visible.
La logique du seuil n'est pas de l'attentisme. C'est la même logique que le livre décrit à propos du basculement lui-même : prendre le temps de grandir, pour que la visibilité, lorsqu'elle arrive, produise son plein effet. Chaque inscription enregistrée aujourd'hui comptera dans le registre historique du mouvement, comme la preuve qu'il existait avant d'être connu.
Sur le soutien au projet
Comment soutenir le projet autrement que par l'inscription ?
Plusieurs formes de soutien sont possibles et également précieuses.
- Partager le site et le projet autour de soi, dans ses réseaux personnels et professionnels, dans ses communautés, auprès des personnes pour qui le projet peut résonner. La diffusion organique, portée par des personnes qui parlent du projet à partir de leur propre conviction, est la forme de communication la plus cohérente avec les principes de la Sageocratie.
- Contribuer financièrement : le projet est aujourd'hui porté par l'association Sageocratie Internationale, sans investisseur ni intérêt extérieur ; la plateforme a été créée, et est gérée, par la société Aubremont, que dirige l'auteur et dont son épouse est associée, selon une convention que le conseil de l'association a approuvée sans que l'auteur ni son épouse prennent part au vote. Les chantiers à venir, plateforme des Reliances, diffusion éditoriale internationale, montée en puissance de la Mappemonde, appellent celles et ceux qui choisissent d'y prendre part. Toute contribution sert au développement du projet ; l'usage des sommes, dont ce que reçoit la société de l'auteur, sera publié sur ce site.
- Proposer un partenariat : éditorial, académique, institutionnel ou organisationnel, via le formulaire de contact, si votre organisation partage des valeurs et des pratiques cohérentes avec les principes de la Sageocratie.
La page Soutenir le projet détaille l'ensemble de ces formes de contribution.
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