Deuxième cercle : S'engager

Devenir Sageocrate en 2026 : ce que vivent les premiers signataires

Il y a quelque chose de particulier dans le fait d’être parmi les premiers. Pas un privilège — une responsabilité. Celle de porter une idée à un moment où elle n’a pas encore de visibilité, où elle ne s’appuie sur aucun momentum institutionnel, où le seul argument disponible est la conviction que quelque chose de réel est en train de naître.

Cet article donne la parole — sous forme de témoignages composites, représentatifs de ce que les premiers Sageocrates partagent — à ceux qui ont choisi de s’inscrire avant que le mouvement soit visible, avant que la carte s’affiche, avant que le livre soit publié. Leur expérience dit quelque chose d’essentiel sur ce que signifie appartenir au début de quelque chose.

« J’avais besoin que mon engagement ait une adresse »

Ingénieure en systèmes complexes, 41 ans, Montréal.

« Je travaille depuis quinze ans sur des questions de résilience des systèmes. J’ai lu des centaines d’articles sur la gouvernance, les limites de la démocratie représentative, les alternatives possibles. Mais tout ça restait théorique — des idées sans lieu où les déposer.

Quand j’ai découvert la Sagéocratie, ce qui m’a frappée n’était pas d’abord les principes — je retrouvais des choses que je connaissais déjà, formulées autrement. Ce qui m’a frappée, c’est l’existence d’un registre. Un endroit où mon positionnement compte formellement, où il est daté, où il s’ajoute à ceux d’autres personnes dans d’autres pays. J’avais besoin que mon engagement ait une adresse. Maintenant il en a une. »

« Ce n’est pas un acte de foi — c’est un acte de lucidité »

Professeur de philosophie politique, 58 ans, Lyon.

« J’ai mis du temps avant de m’inscrire. Non pas parce que je doutais des principes — ils me semblaient justes dès la première lecture. Mais parce que j’ai une méfiance professionnelle pour les projets qui promettent de tout changer. J’en ai vu trop finir dans la déception ou la récupération.

Ce qui m’a convaincu, c’est précisément la modestie du mécanisme proposé. La Sagéocratie ne promet pas une révolution. Elle propose un basculement de légitimité, progressif, démocratique, qui ne suppose pas que tout le monde soit d’accord — seulement qu’assez de personnes signifient formellement une direction. Ce n’est pas un acte de foi dans un avenir radieux. C’est un acte de lucidité sur le fait que les systèmes existants ne suffisent plus, et qu’il faut commencer à construire autre chose pendant qu’ils fonctionnent encore. »

« Je voulais que mes enfants sachent que j’avais choisi »

Entrepreneur, 34 ans, Nairobi.

« Je dirige une entreprise sociale au Kenya depuis six ans. On travaille sur des modèles économiques qui intègrent les externalités environnementales et sociales — ce que la Sagéocratie appelle les HCC, finalement, même si on ne l’appelait pas comme ça.

Ce qui m’a touché dans la Sagéocratie, c’est la dimension du registre comme acte historique. Dans vingt ans, il y aura une date à laquelle j’ai signifié que je voulais autre chose. Mes enfants pourront vérifier. Les institutions pourront vérifier. Je voulais que cette date existe. Pas pour être reconnu — pour avoir choisi. »

Ce que les premiers signataires ont en commun

Au-delà de leurs différences de parcours, de pays et de profession, les premiers Sageocrates partagent quelques traits récurrents dans leur façon de décrire leur inscription.

Le premier est la désillusion lucide. Ils ne sont pas désengagés — ils sont souvent plus engagés que la moyenne dans leurs domaines respectifs. Mais ils ont épuisé les formes d’engagement disponibles dans les cadres existants et cherchent quelque chose qui opère à un niveau différent.

Le second est le besoin de formalisation. Beaucoup partageaient déjà les principes de la Sagéocratie avant de la connaître — ils pensaient depuis la syntonie, le vivant, la contribution, sans en avoir le vocabulaire. L’inscription leur a fourni un lieu où déposer formellement ce qu’ils portaient déjà.

Le troisième est la conscience d’agir dans le temps long. Les premiers signataires ne s’attendent pas à voir le basculement de leur vivant — ou du moins, pas demain. Ils s’inscrivent parce qu’ils pensent que les actes posés maintenant, avant que le mouvement soit visible, ont une valeur propre. Ils construisent quelque chose pour après.

« Être parmi les premiers, ce n’est pas avoir raison avant les autres. C’est accepter de construire sans voir encore ce que l’on construit. »

Les témoignages présentés dans cet article sont des compositions représentatives, construites à partir des retours reçus par l’association. Ils ne correspondent pas à des personnes identifiables.